Lormes autrefois

Lormes (dont le nom s'écrivait Lorme il y a quelques décennies) vient de l'arbre l'orme (ulmus en latin). Un orme est d'ailleurs représenté sur le blason de la ville ("d'or à l'orme arraché de sinople"). Ce nom découle sans doute des ormes qui garnissaient autrefois le Champ de l'Etape, appelé plus tard Place des Ormeaux, et qui est aujourd'hui le Cours du 11 Novembre, c'est à dire les Promenades.

Mê­me si des ves­ti­ges d'une vil­la ro­mai­ne au­raient été re­trou­vés à pro­xi­mi­té de l'an­cien­ne voie qui re­liait Au­tun à Or­lé­ans, on si­tue plu­tôt les ori­gines de Lor­mes aux en­vi­rons du Vème siècle. Le nom de Lor­ma (?) est men­tion­né dans un do­cu­ment da­té de 1085, mais le pre­mier sei­gneur con­nu de Lor­mes est Sé­guin, Se­gui­nus ab Ul­mo, qui vi­vait à la fin du on­zième siè­cle. Le nom de la ville est cité dans une charte de 1125 par laquelle le roi Louis-VI-le-Gros demandait à l'évêque d'Autun de restituer l'église de Lormes au prieur de la Charité-sur-Loire.

Hugues III signa en 1223 un acte d'affranchissement de la ville en faveur des habitants. Aussitôt ceux-ci érigèrent des fortifications. En 1355 la ville fut partagée en deux baronnies : Lormes-Châlons relevait du duché de Nevers puis passa dans le ressort de l'élection de Vézelay, l'autre fut annexée à la châtellenie de Château-Chinon et faisait partie de son élection. La ville fut prise en 1412 par les Armagnacs qui brûlèrent les deux châteaux. Celui de Lormes-Château-Chinon, situé sur la rive gauche de la rivière, ne fut jamais reconstruit. Depuis la destruction de la Tour au Loup, il n'en subsiste que la chapelle. Les murailles du château de Lormes-Châlons, reconstruites, permirent aux Lormois, en 1570, de résister à une attaque huguenote malgré l'absence de garnison.

C'est en 1591, le lundi de Pâques 15 avril, que se situe un des épisodes les plus héroïques de l'histoire de Lormes. Profitant de l'absence des hommes qui étaient partis à la fête à Corbigny, Champomier, gouverneur de Clamecy, attaqua la ville. Les femmes firent alors pleuvoir sur les assaillants une grêle de pierres, cendres chaudes et eau bouillante. Les hommes, rentrés dans la nuit, purent repousser l'attaque. En souvenir de cet exploit, tous les mardis de Pâques avait lieu une procession au cours de laquelle les femmes avaient le privilège de marcher en tête.

Après l'assassinat d'Henri III, le maréchal d'Aumont vint assiéger Lormes, s'en empara et abattit le château. Reconstruit quelques temps plus tard, il fut en grande partie détruit par un incendie en 1811. Il n'en subsiste plus aujourd'hui que deux grands bâtiments face à la chapelle du Vieux-Château.

Sous la Révolution la ville prend le nom de Lormes-la-Montagne. C'est dans ce château, connu sous le nom de "Grande Maison", que siégeaient le Conseil Général de la Commune et le Comité de Surveillance.

Dé­mo­lie en 1865, l'an­cien­ne égli­se fut pein­te par Co­rot. La nef et la tour da­taient du dé­but du XIIème siè­cle. Le chœur, te­rmi­né par un lar­ge pi­gnon, était du XVIème ain­si que les deux cha­pel­les sud. La cha­pel­le nord, ou­ver­te en 1620, possédait un autel provenant de l'ancienne chartreuse du Val Saint Georges située à Pouques-Lormes.

La Maladrerie Saint Lazare se dressait sur la route de Tannay dans le quartier actuel de La Maladrerie. Elle aurait été fondée en 1177 par Hugues II de Lormes qui l'avait dotée d'une rente de trente-deux boisseaux de froment sur les moulins banaux de la ville. Elle était administrée par des religieuses et accueillait les lépreux, très nombreux au Moyen-Age. Après une cérémonie religieuse dérivée de l'office des morts, le lépreux était enfermé dans la maladrerie pour toujours par crainte de la contagion.

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