Vézelay

Qui n'a en­ten­du par­ler au moins une fois de la ba­si­li­que de Vé­ze­lay ? Si­tuée à une tren­tai­ne de ki­lo­mè­tres au nord-ouest de Lor­mes, la "col­line éter­nel­le" (se­lon l'ex­pres­sion de Mau­ri­ce Dru­on) est ins­cri­te au pa­tri­moi­ne mon­dial de l'UNESCO. Elle attire chaque année des milliers de touristes.

Le village a été fondé au IXème siècle par Girart de Roussillon, Comte de Bourgogne, après la destruction d'un premier monastère situé à Saint Père. C'est vers l'an mil que commença dans le monastère la vénération des reliques de Marie-Madeleine, "la pécheresse pardonnée et aimante". Vézelay devint alors un grand pèlerinage et point de départ d'une des quatre routes vers Saint Jacques de Compostelle, la Via Lemovicensis, dont la variante par Nevers passe par Bazoches, Lormes et Corbigny. La basilique est également le point de départ d'un nouveau pèlerinage vers Assise passant par Chastellux sur Cure, Dun les Places et le lac des Settons. C'est au flan de la colline que Saint Bernard prêcha, le 31 mars 1146, la seconde croisade en présence du roi de France Louis VII le Jeune. En 1190, un autre roi de France, Philippe Auguste, et le roi d'Angleterre, Richard Cœur de Lion (qui, pour l'occasion séjournèrent au château de Bazoches), s'y retrouvèrent avant de partir pour la troisième croisade.

La fou­le des pè­le­rins ve­nant se re­cueil­lir sur les re­li­ques de la sain­te né­ces­si­ta un agran­dis­se­ment de la pre­mi­ère égli­se ca­ro­lin­gien­ne. Aux en­vi­rons de 1150 fut édi­fiée la ma­gni­fi­que nef ro­ma­ne. Elle se ca­rac­­ri­se par un ap­pa­reil de pier­res bi­co­lo­res et une di­men­sion im­po­san­te avec 62 m de long. Elle est ornée de très beaux chapiteaux sculptés illustrant des scènes de la Bible. Une particularité surprenante : Au solstice d'été (21 juin) à midi les rayons du soleil traversant les fenêtres sud projettent des taches de lumière exactement dans l'axe de la nef (voir la photo). L'avant-nef (improprement appelée "narthex") date de la même époque. Le lumineux chœur gothique fut, pour sa part, terminé en 1215. Située sous le chœur, la crypte abrite les reliques de la sainte.

Avec la dé­cou­ver­te en Pro­ven­ce de nou­vel­les re­li­ques de Ma­rie Ma­de­lei­ne, l'at­trait des pè­le­rins pour Vé­ze­lay dé­cli­na. La basilique, pillée par les Huguenots en 1569, fut partiellement rasée à la Révolution. Au 19ème siècle lorsque Mérimée, alors inspecteur des monuments historiques, attira l'attention des pouvoirs publics, elle était sur le point de s'effondrer. Après le refus de nombreux architectes, Viollet-le-Duc, âgé alors de vingt-six ans, entreprit les travaux de restauration.

Les visiteurs et les pèlerins viennent toujours se recueillir dans la crypte devant les reliques, en particulier le 22 juillet à l'occasion de la Sainte Madeleine. Une communauté religieuse, la Fraternité monastique de Jérusalem, s'est installée à proximité de la basilique et les vieilles rues du village où se sont alignées des boutiques d'art et "à touristes" voient défiler, en particulier en été, de nombreux visiteurs. En dehors de l'approche strictement religieuse, des concerts sont donnés dans la basilique et il est également possible de déguster (et acheter !) le vin de Vézelay, dont le vignoble a été récemment reconstitué, de visiter le musée d'art moderne Zervos installé dans la maison de l'écrivain Romain Rolland ou de survoler la cité en montgolfière.

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